Les vignerons de l’appellation tarnaise « travaillent » le débouché parisien avec l’accent et beaucoup d’abnégation.

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Alors que la crise viticole frappe durement le vignoble français, les vignerons de Gaillac ont décidé de se retrousser les manches hors de leur terroir. Depuis un peu plus de deux ans, les producteurs de cette discrète appellation (de 6800 hectares tout de même, dont 3100 en AOP) sont partis à la conquête du public parisien à travers les bistrots. « Depuis 2024, on a multiplié les actions dans la capitale », témoigne Romain Gérard, le président de l’interprofession des vins de Gaillac. Le 9 mars dernier, ils étaient encore une quinzaine de vignerons à être montés à Paris pour participer à une troisième dégustation professionnelle, la seconde à avoir lieu au Sully (4e) de Romain Vidal. « L’accueil est bon, notamment pour les gammes de monocépages (Duras, Braucol, Loin de l’œil, Mauzac, Prunelart, etc.), avec des vins très accessibles en prix et qui tranchent avec l’existant », se réjouit Laurent Vines, du Château d’Escabes. Le photographe et communicant Tristan Olphe-Galliard a fédéré caves, bistrots et restaurants au sein d’un réseau de Comptoirs Gaillacois, sollicités pour accueillir dégustations, rencontres et même « mâchons », comme récemment au Bistrot Blériot (16e). « On a acquis une belle visibilité qu’il reste encore à confirmer commercialement », commente l’infatigable Romain Gérard. « Il nous faut encore apprendre à travailler collectivement en s’aidant les uns les autres sur les références que l’on ne produit pas. Je ne fais pas de vin blanc perlé par exemple ; ça ne me dérange pas d’orienter vers un autre vigneron, sans craindre de perdre un client. C’est une mentalité qu’ils ont dans le beaujolais avec leurs 10 crus et qu’on doit apprendre à adopter. » Romain Gérard le promet, les tarnais ne lâchent pas l’affaire. Il y aura bien une nouvelle édition l’année prochaine.

Photo : Romain Gérard (à gauche) et Romain Vidal (Le Sully) 

 Dans l’actu des bistrots :

Les étoiles des francs mâchons

diplomes machonsOn ne m’a pas invité à la révélation des étoilés 2026 du Michelin à Monaco. J’avais de toute façon mieux à faire. L’ésotérique confrérie des francs-mâchons de Paris m’avait fait savoir que je serais admis cette année à leur rituelle remise de diplôme. La cérémonie était probablement plus drôle et les lauréats pas moins méritants à servir la cause des arts de la table. L’association, qui célèbre comme chacun sait la tradition lyonnaise d’un repas matutinal mais néanmoins roboratif, est exigeante. Elle n’accorde pas à tous les initiés du chou farci et de la blanquette leur précieux diplôme. Le 11 mars dernier, les tabliers noirs, taste-vin en bandoulière, ont distingué les plus méritants de leurs maitres en cuisine : Pierre Cheucle (Chez Marcel, 6e), Adrien Guilmoteau et Pierre May (Dame Nation, 11e), Philippe Porte (L’Abordage, 8e), Laurence et Bernard Roquebouges (Le Petit Chavignol, 17e), Julie Costerousse (Le Clos Bourguignon, 8e), Christian Galmiche (Le Cristal Vignon, 8e), Olivier Amestoy (Bistrot Chic, 15e), Pierre Guignard (Duvin, 9e), Léo Bouquin (Chez Léo, 1er), Stéphane Gatumal (Flying Chouette, 19e) et Florian Eboué (Les cent kilos, 11e). Retenez bien ces adresses.

 

 Place aux jeunes dans le 15e

bistrot et bonne table

Dans la série, « les jeunes qui montent », une mention spéciale pour Antoine Didier, 30 ans, et César Mancion, 25 ans, qui ont repris il y a deux ans Au Roi du café, une jolie petite brasserie située rue Lecourbe (15e), à proximité de l’animé quartier Cambronne. Les deux compères ont redressé cette affaire historique, créée en 1906, et redonné tout son lustre à son cadre « vintage » avec façade en bois, parquets, banquettes et néons rouges. Désormais ouvert 7/7 avec un service en cuisine en continu de 7h30 à 22h30 en semaine puis du bar jusqu’à minuit, le duo envoie avec régularité classiques du bistrot (œufs mayonnaise, escargots, os à moelle en entrées ; bavette, confit de canard ou suprême de poulet en plat autour de 20€), plats du jour soignés et vins de propriétés.

Au Roi du Café, 59 rue Lecourbe, 75015 Paris - Tél : 01 40 24 09 25

Ouvert sept jours sur sept de 7h00 à minuit. Plus de détails sur actu.fr

 La Mascotte (18e) de père en fils

La Mascotte

La transmission du mois, c’est celle qui s’opère tout en douceur à la Mascotte, la très belle brasserie familiale de la rue des Abbesses (18e). Guillaume Campion, 31 ans, le fils de Thierry, est en effet, depuis septembre 2024, cogérant en même temps que chef de cuisine de la Mascotte pour laquelle il vient d’obtenir le titre de Maître-Restaurateur. Une histoire de famille puisque Thierry Campion avait lui-même repris ce qui n’était encore qu’un modeste bar-restaurant des mains de son père au début des années 90. Une belle brasserie donc, mais aussi le comptoir le plus animé du quartier.

52, rue des Abbesses, 75018 Paris - Tel : 01 46 86 06 59

Ouvert sept jours sur sept de 7h00 à minuit. Plus de détails sur actu.fr

 

 

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- Préparez-vous à la semaine de la soif à Paris. Elle commence le 16 avril par la transmission de la Coupe du Meilleur Pot de l’Académie Rabelais à Tom Le Fèvre du magnifique Chantefable, à l’issue d’une pérégrination du trophée dans Paris en vieilles voitures depuis Le Guersant (17e). Elle s’achèvera le samedi suivant, le 18 avril par la remise de la Bouteille d’Or à Eric Ling, du Gallia (11e).

_ A propos d’Académie Rabelais, celle-ci a désigné ses « Etablissements recommandés » à une quarantaine de bistrots et restaurants à Paris mais aussi en province, sur les lieux de ses escapades gastronomiques. Abonnez-vous à la carte interactive sur mapstr @academierabelais