C'est la mobilisation générale à quelques jours du choix du prochain dossier français porté à l'Unesco.

Au bistrot Les Phares, à la Bastille

Après huit ans de procédures, deux périodes de fermetures pour cause de Covid et une érosion régulière du nombre d’établissements, l’association Bistrots et Cafés, qui porte le dossier d’inscription au patrimoine immatériel mondial de l’Unesco, n’entend pas se faire dépasser dans la dernière ligne droite. « Nous avons eu en effet la surprise de voir apparaître un dossier dans la course auquel nous ne nous attendions pas », a expliqué Alain Fontaine, le président de l’association, lors de la célébration de la 5e journée nationale des Cafés, bistrots et terrasses le 4 juin dernier, faisant allusion -sans le citer- à la candidature de la haute-couture française.

C’est peu de dire que la perspective que le gouvernement choisisse de porter à l’Unesco un autre dossier que celui des Bistrots et Cafés, pourtant soutenu publiquement à plusieurs reprises par le Président de la République, a créé un certain émoi dans le milieu bistrotier.  « Nous avons réussi à décrocher une réunion à ce sujet la semaine dernière à l’Elysée qui, je l’espère, a permis de rétablir le cours des choses », a espéré Alain Fontaine, appelant à une mobilisation générale pour obtenir l’engagement de la ministre de la Culture Catherine Pégard, officiellement en charge du dossier. « Ce bien si précieux au sein de nos sociétés, c'est maintenant qu'il faut le sauver, pas dans quatre ans ».

Partenaire de l’association et voix écoutée à l’Elysée, Stéphane Layani, le président du Marché international de Rungis souhaite en appeler à l’opinion publique pour faire pencher définitivement la balance. « Nous allons lancer, depuis Rungis, un référendum par internet dans lequel les gens pourront se prononcer en faveur du dossier en compétition qu’ils souhaitent voir classés à l’Unesco. Je n’ai guère de doutes sur l’issue de cette consultation ! », a-t-il promis.

Lors de cette journée nationale organisée par France Boissons, le fournisseur de milliers d’établissements de CHR, les adhérents ont en tous cas pu mesurer la vigueur de leurs soutiens dans la capitale. Outre la présence de Dorine Bregman, nouvelle députée de la 7e circonscription de Paris, Alain Fontaine a bénéficié des encouragements appuyés de la nouvelle adjointe au maire de Paris chargée des commerces, de l'artisanat et des professions libérales Anouch Toranian. « La Ville de Paris est à vos côtés pour faire reconnaître vcette pratique sociale et culturelle qui joue un rôle si important dans la vie des Parisiens. » Un appui qui ne sera sans doute pas de trop dans cette course décidément très politique. Réponse dans quelques jours (ou semaines).

Bruno CARLHIAN

Alain Fontaine, à gauche, en compagnie de Laurent Théodore, président de France Boissons. (c) Photo Antoinette Courcelle-Labrousse

 

Dans l’actu des bistrots :

diplomes machons

La Petite Périgourdine, dont nous évoquions ici le mois dernier le 30e anniversaire, se mobilise pour promouvoir le dernier-né des crus parisiens, le Clos des Arènes de Lutèce. Lors du lancement des Journées nationales de l’Agriculture organisées dans le monument gallo-romain du 5e arrondissement le 6 juin dernier, Jean-Luc Martin, le patron de la « Petite Pé », était aux côtés de Philippe Rolin, le président de l’association du « Clos » pour la dispersion des deux premiers millésimes de ce très jeune vin élevé… à la Cave de la Petite Périgourdine puis mis en bouteille à la Mairie du Ve arrondissement. Seuls quelques chanceux ont pu se procurer une bouteille de ce précieux nectar issu des 200 pieds des Arènes. Il y avait en effet moins d’une cinquantaine à vendre !

Jean-Luc Martin, La Petite Périgourdine, aux côtés de Philippe Rolin, le Clos des Arènes. (c) Photo Antoinette Courcelle-Labrousse